C’est la première fois qu’une exposition est consacrée à cette femme qui s’illustra au 13ème siècle par une personnalité hors du commun, proche de ce que furent en leur temps son aïeule Aliénor d’Aquitaine ou Anne de Bretagne.
Plus connue sous le nom de Jeanne de Flandre, femme de pouvoir, de caractère et d’ambition, protectrice des arts, Jeanne de Constantinople fut la première femme à diriger les riches comtés de Flandre et de Hainaut au 13ème siècle. Abandonnée par son père parti aux croisades, elle fut élevée, avec sa soeur Marguerite, à la cour de France, puis mariée à un prince portugais. Ce dernier, ayant choisi le camp de Jean sans Terre et de l’Empereur Othon contre Philippe Auguste, est emprisonné suite à la défaite de Bouvines. Dès l’âge de 14 ans, elle règne seule sur la Flandre et le Hainaut.
Féministe en son temps, elle s’émancipa en instaurant des fondements et des régimes jusqu’alors jamais entrepris par une femme : mise en place d’un droit institutionnel et urbain qui favorisera le redémarrage économique de la Flandre et durera jusqu'à la fin de l’ancien régime. Née dans un monde où l’église était contrôlée par des hommes, elle fonde et soutient un nombre impressionnant de communautés religieuses féminines, qui transforment la place des femmes dans la société.
Les visiteurs la découvriront en cheminant dans différentes salles rassemblant des fragments de son tombeau (découverts en 2003 par Nicolas Dessaux, conservateur, lors de fouilles à l’Abbaye de Marquette près de Lille), des pièces d’orfèvrerie, des livres enluminés – dont des manuscrits du cycle de Graal écrit pour Jeanne elle-même –, des sculptures de pierre et de bois, témoignages de l’art médiéval, pour la plupart jamais vues du grand public, datant de l’époque de Jeanne de Flandre et constituant un ensemble exceptionnel.